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  • Souveraineté #2 : Infomaniak (alternative à Outlook et Gmail)

    Souveraineté #2 : Infomaniak (alternative à Outlook et Gmail)

    Dans cet article, on parlera d’emails. Plus particulièrement : pourquoi Infomaniak est une superbe alternative à son adresse mail en @gmail, @hotmail ou encore @outlook (enfin un mail gratos d’une grande compagnie tech) !

    Cet article fait partie d’un regroupement : La souveraineté européenne dans notre vie de tous les jours ?

    Si tu souhaites passer les explications des raisons du boycott de Gmail, Hotmail/Outlook, tu peux te rendre directement à la section sur Infomaniak.

    Situation actuelle

    Si tu as lu le premier article de ce dossier Souveraineté européenne, tu auras compris que j’aime bien dressé le bilan d’aujourd’hui pour expliquer pourquoi ça craint et ensuite venir avec une (et non pas la) solution.

    L’étendue du réseau

    Aujourd’hui, les chiffres nous indiquent le contexte suivant :

    Ai-je besoin de (double) souligner qu’on a donc deux compagnies techs américaines qui servent de clients mail (logiciel / app de messagerie mail) à hauteur de 80% (Gmail pour ±30% ; Apple pour ±50%). Soyons fou : j’intègre une troisième compagnie, toujours américaine, puisque Outlook ajoute 5 à 10% à cette stat

    Il est également à noter que ce qui précède cible le grand public et non le milieu professionnel.

    Tu pourrais te demander comment se fait-il qu’il y ait une main mise aussi importante de la part de Google et Apple. L’explication est assez logique.

    Comportement par défaut

    La première partie pour expliquer l’étendue de cette domination est le comportement par défaut que les utilisateurs ont.

    Applications par defaut

    Tu vois que Google et Apple représentent ±80% des clients mail. Quand on parle de clients mail on vise les outils utilisés pour consulter/rédiger/gérer ses mails. Il s’agit donc des apps Gmail ou Apple Mail.

    Sur les mobiles, on retrouve principalement deux systèmes d’exploitation : Android et iOS. Si tu veux des stats : à eux deux, ils représentent 99% du marché. Avec Android quasi deux fois plus répandu que iOS.

    Et quand tu achètes un mobile, il vient avec des apps pré-installés par défaut que presque personne ne change. Et je te le donne dans le mille : Gmail et Apple Mail.

    Comme allégorie, on pourrait prendre la situation de monopole de Microsoft et de son navigateur web. Pour faire court : pendant des années, Microsoft a proposé uniquement son propre navigateur internet au démarrage d’un nouvel ordinateur : Internet Explorer. Et personne ne prenait la peine de le changer, ce qui fait qu’il était largement dominant, et pourtant il était loin d’être le meilleur. Maintenant, Microsoft doit proposer à l’utilisateur le choix du navigateur qu’il souhaite utiliser par défaut. Et ceci sous la légifération de la commission européenne.

    Comportement par defaut

    Google et Apple l’ont compris : celui qui contrôle le système d’exploitation contrôle les usages par défaut. Et ces usages par défaut ont été analysés en long et large :

    • les valeurs par défaut réduisent l’effort cognitif
      ↠ Faire travailler les méninges, c’est dangereux…
    • les utilisateurs ont tendance à les accepter car elles simplifient la décision
      ↠ Supra diximus

    Pour dire en de mots simples : les travaux en UX (expérience utilisateur = ce qui fait que tu trouveras une app facile à utiliser / intuitive) montrent que les paramètres par défaut jouent un rôle déterminant dans les usages numériques. En réduisant l’effort de décision, ils sont très souvent conservés par les utilisateurs, qui les perçoivent implicitement comme des choix recommandés.

    La solution réside dans la même optique que pour le navigateur web de Microsoft : une proposition de loi venant de l’Europe qui forcerait les acteurs a demandé à leurs utilisateurs/clients quel programme par défaut ils souhaitent utiliser.

    L’alliance forcée

    Là, où c’est encore plus mesquin, c’est quand on te force inconsciemment à posséder une adresse mail chez l’un des big boys (Google en l’occurrence ici).

    Android

    On a donc vu qu’Android représentait ± 70% des systèmes d’exploitations mobiles dans le monde.

    Et sur Android, on retrouve Gmail pré-installé (↠ comportement par défaut 🤫 ), et une liaison obligatoire à un compte Google.

    La mesquinerie se trouve dans la notion de compte Google. Pour le commun des mortels, avoir un compte Google, c’est avoir une adresse @gmail.com. Et Google joue bien sur cette fausse croyance.

    Or il est tout à fait possible d’avoir sa propre adresse mail (@monadresse.com ; @etik.com ; ou encore @hotmail.com) liée à un compte Google, et donc éviter une adresse gmail.

    Mais ça, Google évitera de mettre en avant cette méthode et proposera systématiquement la création et l’utilisation d’une adresse gmail pour ses produits.

    Le verrouillage

    Quand on créé une adresse mail, elle nous reste généralement assignée pour une très longue période de notre vie. Ce qui veut dire que ton adresse mail devient :

    • ton identifiant principal ;
    • lié à tous tes comptes de services (plateformes musiques / video, fournisseurs énergies, communications administratives…) ;
    • difficile à changer au fur et à mesure que le temps passe.

    Et c’est ce qu’on appelle le lock-in ou verrouillage utilisateur.

    Parce que oui, son adresse mail, généralement, on l’a depuis perpète. Et donc, on a un historique assez long qui est lié à tous ces services, e-commerces, administrations, …

    L’oeil de Moscou Google

    Il existe un dicton bien connu : « Quand c’est gratuit, il y a de grandes chances que le produit… ce soit toi ! ».

    Si ce dicton n’est pas spécifique à Google, on peut remercier Google de l’avoir popularisé.

    Le business de Google, c’est la récolte de données sur ses utilisateurs (au sens large : ses propriétés, ses habitudes, ses comportements, …). Et notamment au travers des emails.

    Scan des emails

    Jusqu’en 2017, Google scannait les emails afin de promouvoir des publicités personnalisées sur base de ce qu’il découvrait dans les emails.

    Maintenant, c’est fini. Ou pas.

    On a donc l’assurance que Google ne lit plus les emails pour la publicité mais il continue à les lire pour d’autres objectifs que la pub personnalisée.

    Alors, soyons précis : tous les services email analysent les messages. Cette analyse est indispensable pour assurer la sécurité (spam, phishing) et proposer des fonctionnalités avancées (tri automatique (promotions, social…), suggestions de réponses, …).

    La différence ne réside donc pas dans l’existence du scan, mais dans son usage.

    Et là, le problème subsiste, tu ne sais pas précisément :

    • quelles données sont extraites
    • combien de temps elles sont conservées
    • comment elles sont croisées

    De plus, même sans utiliser le contenu pour la pub, Google a accès aux métadonnées. Ce qui regroupe par exemple :

    • qui t’écrit
    • quand
    • à quelle fréquence
    • depuis quel appareil
    • avec quels services

    Et ça, ça permet de connaître déjà énormément de choses : activité professionnelle, cartographie sociale, habitudes de vie, …

    La cerise sur le gâteau, c’est l’interconnectivité. Google ne se limite pas à Gmail : Search ; YouTube ; Android ; Maps ; … les signaux globaux sont croisés même sans utiliser directement les emails pour la pub.

    Et je ne rentrerai même pas dans le débat du Cloud Act qui pourrait se résumer par : une entreprise américaine (comme Google, je précise au cas où 😏 ) peut être contrainte de fournir des données sur simple demande des autorités américaines même si elles sont stockées en dehors des États-Unis.

    Ksuite - Infomaniak

    L’alternative Infomaniak

    À ce stade, le problème n’est donc pas simplement que Gmail appartient à Google, ou Outlook à Microsoft. C’est la somme des éléments expliqués plus haut : une position dominante entretenue par les usages par défaut, une adresse qui nous enferme progressivement dans un écosystème, une quantité énorme de métadonnées associées à cette identité et, enfin, une dépendance envers une entreprise soumise au droit américain.

    Après avoir lu ce qui précède, tu as donc une vue plus précise pourquoi changer son adresse mail « générique » d’un géant américain peut être une bonne chose.

    On ne va pas se mentir, si tu veux :

    • Changer de moteur de recherche demain ? Easy !
    • Changer de navigateur ? Dix minutes, et c’est plié.
    • Changer Spotify ? Bon, on commence tout doucement à s’échauffer.
      As-tu vu mon article sur l’alternative à Spotify ?
    • Changer une adresse mail vieille de 20 ans et liée à 250 comptes ? Ouais, là c’est plus tordu, hein ?.

    Alors oui, changer son adresse mail, c’est du taf. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il peut se faire en douceur et que des outils sont là pour faciliter la tâche.

    L’alternative que je te propose s’appelle Infomaniak.

    Bref récap

    Fondée en 1994 en Suisse, l’entreprise est un acteur historique de l’infrastructure internet, qui a construit progressivement son propre écosystème : hébergement, cloud, outils collaboratifs… et pour le coup, ce qui nous intéresse : une solution email complète.

    Contrairement à des acteurs de la big tech (comme Gmail, à nouveau, je précise juste au cas où 😏 ), Infomaniak repose sur un modèle économique simple : ses services sont financés par ses clients, grâce à leurs produits payants, et non par l’exploitation de leurs données.

    L’entreprise met en avant une politique qui ne laisse pas de place aux questions en matière de respect de la vie privée. Elle peut affirmer par exemple qu’elle n’analyse pas le contenu des emails à des fins commerciales et qu’elle ne revend pas de données personnelles.

    Autre différence majeure : l’infrastructure. Infomaniak conçoit et exploite ses propres centres de données, principalement en Suisse (bon, on peut toujours discuter que c’est hors UE), sinon dans l’UE. Ça lui permet de garder le contrôle sur la localisation et la gestion des données.

    Enfin, l’entreprise revendique un positionnement fort sur les enjeux environnementaux ! Comme elle développe ses propres data centers optimisés, cela lui permet d’avoir les mains libres pour réduire son empreinte énergétique et de s’engager dans une politique de compensation carbone (remplacer des composants plutôt que d’acheter du neuf, maîtriser sa consommation d’énergie, …).

    Infomaniak est gérée via une gouvernance indépendante, sans investisseurs externes, ce qui lui permet de privilégier des choix de long terme plutôt que des logiques de croissance rapide. D’ailleurs, milieu de l’année 2026, la compagnie a communiqué que maintenant la majorité des droits de vote, à 65%, était détenue par la Fondation Infomaniak, une fondation suisse reconnue d’utilité publique, avec une mission d’intérêt général inscrite dans ses statuts.

    Infomaniak - droits de vote

    L’adresse mail

    Donc, la solution qui nous intéresse : l’adresse mail.

    Infomaniak propose deux options :

    • soit on s’oriente vers une adresse mail générique gratuite (l’équivalent à @gmail, @outlook, @hotmail…) dont les extensions possible sont :
      • @etik.com ;
      • @ik.me ;
      • @ikmail.com.
    • soit on choisit sa propre adresse, ce qui implique d’avoir son propre nom de domaine. Ceci ne sera pas expliqué dans cet article (peut-être dans un futur, si on me le demande 😄).

    Dans mon cas, j’ai choisi l’adresse @etik.com. Alors, ça peut sembler présomptueux, mais généralement si ça dérange, c’est qu’il y a au moins une prise de conscience… Et puis, comme dirait notre Kévin national : « Je m’en bats les c*** « .

    Caractéristiques de l’adresse mail Infomaniak

    Gratuité

    L’adresse mail d’Infomaniak est gratuite. À vie. C’est l’une de leur promesse écrite noir sur blanc. Fun fact : essayer de trouver la mention qu’une adresse gmail est gratuite. Personnellement, à part sur leur page de tarification, où le label Sans frais (ce qui est différent de gratuit) est mentionné, je ne trouve aucune autre mention similaire dans le descriptif…

    Et pour ceux/celles qui ont suivi, mais si c’est gratuit, c’est nous le produit. C’est vrai, mais c’est faux ! Infomaniak promet également que leurs produits gratuits sont réellement gratuits et n’interviennent d’aucune manière dans leur rémunération.

    Infomaniak - email gratuit

    Pléthore d’emails

    Un autre avantage est la quantité d’emails que tu peux conserver : 20Go. Et cette limite concerne uniquement les emails.

    Si tu souhaites également conserver des documents et des images, solution appelée kDrive, tu peux ajouter 15Go aux 20Go. Cela te fera un espace de 35Go combinés.

    À titre de comparaison :

    • avec Google (gmail), tu auras droit à 15Go. Pour le tout : tes mails, documents, photos… ce qu’ils appellent leur WorkSpace.
    • avec Microsoft (outlook), tu auras droit à 15Go pour tes emails, et 5Go pour tes documents (grâce à OneDrive).

    Bref, on a une différence entre 15Go de 20Go, ce qui n’est pas négligeable.

    Transfert de documents

    Infomaniak propose également, et toujours gratuitement, de transférer des fichiers volumineux : cela s’appelle Infomaniak SwissTransfer.

    Tu seras capable de transférer jusqu’à 50Go de fichiers.

    Adieu donc les WeTransfer, Smash, TransferNew, etc.

    Calendrier partagé

    Étant marié, un des outils dont j’ai absolument besoin, c’est le calendrier partagé.

    Infomaniak le propose gratuitement, encore une fois. Il se synchronize sans problème avec l’app Calendrier de ton smartphone Android ou de ton iPhone.

    Migrer vers Infomaniak

    Comme je le disais en début d’article, une adresse mail, ça nous suit depuis (très) longtemps et est reliée à pas mal de plateformes/services que l’on utilise (plus ou moins) régulièrement.

    Il y a donc deux parties à un changement d’adresse mail :

    • migrer le contenu d’une adresse mail vers la nouvelle ;
    • adapter l’adresse mail sur les différentes plateformes et nombreux services auxquels on souscrit.

    Première phase

    Dans un premier temps, et après avoir créé ton adresse mail Infomaniak, mon conseil est de garder les deux adresses mails actives simultanément pendant quelque semaines.

    Cela permettra d’être certain que toute la migration a bien été réalisée.

    Donc pour créer ton adresse mail Infomaniak, rien de plus facile, il suffit de se rendre sur la page d’inscription : https://www.infomaniak.com/fr/email-gratuit

    Deuxième phase

    La migration du contenu de l’ancienne adresse mail vers la nouvelle.

    Et là, Infomaniak t’aidera vraiment car ils ont un outil : https://import-email.infomaniak.com/

    Il suffira de

    • cliquer sur le bouton de droite Importer une ou des adresses mails (en IMAP) ;
    • choisir Une adresse mail en transmettant l’utilisateur (email) et mot de passe.

    C’est relativement efficace, et rapide.

    Troisième phase

    On ne va pas se mentir, c’est probablement l’étape qui demandera le plus de temps et d’énergie : changer son adresse mail sur toutes les plateformes et à tous les services que tu utilises.

    Et la liste peut être longue :

    • Services multimédia : Auvio, Deezer, …
    • Fournisseurs : électricité, eau, internet, mobiles…
    • Administration : MyMinFin, itsme…
    • eCommerce : Loom, Autry, Reborn, Brico… (bon ok : Amazon, Coolblue…)
    • App : il suffit de regarder son mobile

    Bref, le plus simple c’est de partir de son ancienne adresse et de faire quelques sites par jour ou par semaine. Ca permet également de faire un tri, et de pourquoi pas supprimer ou se désabonner à des comptes que tu n’utilises ou ne lis plus.

    Utilisation de WorkSpace ou Microsoft 365

    Si tu utilises Google Workspace ou Microsoft 365, tu peux tout à fait continuer à l’utiliser avec ta nouvelle adresse mail.

    C’est justement un des points que j’expliquais ci-dessus : tu ne dois pas obligatoire souscrire à une adresse mail de la compagnie pour utiliser leurs autres services.

    Et plutôt que de faire l’apologie de ces autres services, je te conseillerais plutôt de regarder du côté de my Ksuite. Il existe une version gratuite qui offre déjà pas mal de possibilités ainsi qu’une version payante (<2€ / mois) avec des possibilités étendues.

    Ceci dit, il est toujours possible d’intégrer les documents d’Office (Word, Excel, …) et de les éditer en ligne. Cependant, cela requiert un abonnement plus onéreux.

    Conclusion

    En choisissant une solution comme Infomaniak, tu :

    1. Réduis ta dépendance à un acteur (américain) dominant ;
    2. Échappes à l’emprisonnement que peut provoquer une adresse utilisée partout pendant vingt ans ;
    3. Limites la centralisation des informations et métadonnées dans un même giron / écosystème ;
    4. Choisis une juridiction et une gouvernance différentes avec l’Europe et une société d’utilité publique et non plus les USA avec une société capitalistique ;
    5. Finances un modèle économique davantage aligné avec tes valeurs : vie privée, indépendance, environnement.

    Tu l’auras compris, comme à chaque fois, changer ses habitudes demande un peu de motivation, de bonne volonté et de patience. Mais je crois fondamentalement que c’est pour un mieux (plus plus).

    Infomaniak a cette promesse de produits gratuits et respectueuses de notre vie privée, et cette image de société qui tient ses promesses. Elle se base sur des valeurs qui devraient toujours constituer la base d’offre d’un produit. Et que les grandes compagnies tech oublient de plus en plus.

    Il existe également une autre solution qui s’oriente sur le même créneau du respect de la vie privée : Proton Mail. Cependant, ils sont moins portés sur le côté éthique/durabilité qu’Infomaniak 😉

  • Souveraineté #1 : Deezer & Qobuz (alternatives à Spotify)

    Souveraineté #1 : Deezer & Qobuz (alternatives à Spotify)

    Dans cet article, on parlera de streaming musique. Plus particulièrement : pourquoi Spotify est un acteur à boycotter et un descriptif des alternatives recommandées telles que Deezer ou Qobuz.

    Cet article fait partie d’un regroupement : La souveraineté européenne dans notre vie de tous les jours ?

    Si tu souhaites passer les explications des raisons du boycott de Spotify, tu peux te rendre directement à la section sur Deezer ou sur Qobuz.

    Situation actuelle

    Si on prend une photographie de la situation d’aujourd’hui, voici ce qu’on y voit :

    Source : https://explodingtopics.com/blog/music-streaming-stats

    Comme on peut le comprendre : Spotify mène la dance. Ses concurrents sont quasi deux fois moins importants que Spotify.

    Match plié ? Par forcément.

    Selon Statista, Deezer a triplé sa base d’utilisateurs fin 2024. Les mauvaises langues diront que c’est plus facile de tripler quand on part de 100 que quand on part de 1.000.000. C’est vrai, mais ça montre également une tendance.

    C’est quoi le problème ?

    Principalement : la rémunération des créateurs de contenu.

    Mais quand il s’agit de Spotify, on pourrait également discuter de :

    • l’explosion de la musique générée par l’IA que l’on retrouve (Substream Magazine ou The Guardian),
    • soupçons de fake artiste ainsi que de musique low-cost (l’extrait d’enquête de Liz Pelly),
    • les choix stratégiques : licencier 1.500 personnes pour favoriser l’IA ; payer pour l’exclusivité des podcasts de Joe Rogan, un proche de la culture trumpiste ; des campagnes de pub pour l’ICE ; organiser un événement et faire une donation pour Trump, …

    On peut encore trouver d’autres arguments mais on n’en finirait pas sur le pourquoi je recommande des alternatives à Spotify.

    La position de « leader dominant »

    Spotify n’est stricto sensu pas un monopole. Si on s’en réfère aux indicateurs utilisés pour définir un monopole, des parts de marché à -40% représentent une position rarement dominante.

    Pourtant, il suffit d’écouter les conversations de tous les jours pour se rendre compte que dès qu’on parle de streaming musical, on se réfère directement à Spotify. Ce qui pourrait catégoriser Spotify comme monopolistique.

    Dans le graphique ci-dessus, les ±31% représenteraient ±280 millions d’abonnés. Mais ça grimpe à ±700 millions si on inclut les freemium (plan tarifaire gratuit). Bref, ça fait du monde.

    La rémunération déplorable des artistes

    En 2019, les revenus issus du streaming musical représentaient environ 80% du chiffre d’affaires total de l’industrie musicale.

    En 2026, on se situe aux environs des 85%.

    Pour situer en terme d’argent : on est au dessus des 20 milliards de dollars. Cela montre bien l’ampleur et la rapidité de cette évolution.

    Selon Spotify, ils auraient versé 11 milliards de dollars en 2025 à l’industrie musicale.

    Mais comme le dit The Verge, ce n’est pas pour autant que les artistes sont mieux payés (je rappelle : les artistes sont ceux qui créent réellement quelque chose dans tous les intervenants du streaming musical).

    Pourquoi ? Parce que l’argent va principalement aux labels, éditeurs et distributeurs.

    C’est d’ailleurs confirmé à demi-mots par Spotify : « […] it doesn’t have insight into how much of that money eventually finds its way into artists’ hands. »

    La rémunération en chiffres

    Forcément, des gens se sont penchés sur la question, et voici ce qu’il ressort quand on fait un comparatif du payout moyen par stream selon chaque plateforme. En d’autres mots, voici ce que touche en moyenne un•e artiste à chaque fois que tu écoutes une chanson :

    PlateformePaiement moyen par stream
    Qobuz~0.019 $
    Napster~0.019 $
    Tidal~0.013 $
    Apple Music~0.006 – 0.008 $
    Amazon Music~0.004 $
    Spotify~0.003 – 0.005 $
    Deezer~0.003 – 0.004 $
    YouTube Music~0.0007 – 0.002 $
    Sources : Royalty Exchange, Producer Hive, Viberate, Qobuz

    Ce tableau et ses données sont à prendre avec des pincettes car le paiement moyen par stream n’est pas vraiment représentatif de la réalité du procédé de rémunération.

    Et ceci parce que :

    • les plateformes utilisent des méthodes différentes pour rémunérer les artistes. On parlera de market-metric, user-metric, hybrid, … On compare donc (un peu) des pommes et des poires. Ceci dit, ça nous permet de voir des tendances.
    • 1 % des artistes captent 90 % des écoutes. De part leur méthode appliquée, les acteurs type Spotify, Apple, Amazon rémunèrent majoritairement les artistes hyper connus (et très très peu les artistes locaux, marginaux, peu connus, …).
      Si tu souhaites plus d’infos sur les modèles de rémunération, rends-toi en bas de page.
    • les plateformes les plus rémunératrices le sont car généralement elles ne proposent pas d’offres gratuites (même avec pub). Chaque stream vient donc d’un utilisateur payant, ce qui fait que la tirelire avec laquelle on rémunère les artistes est mieux (pas plus) remplie.

    Spotify rejoint le groupe des GAFAM+

    On comprend que les doutes soient fondés et pourquoi Spotify se retrouve dans cette catégorie tant décriée que sont le GAFAM+ :

    • mauvaise rémunération des personnes qui font sa raison d’être,
    • tentative de domination d’un marché numérique,
    • accumulation massive de données,
    • influence structurelle sur une industrie,
    • contrôle algorithmique de la visibilité des artistes,

    L’alternative : Deezer

    L’une des premières alternatives à Spotify : j’ai nommé Deezer.

    Deezer est une plateforme de streaming musical lancée en 2007 en France, qui s’est progressivement fait une place parmi les acteurs majeurs du milieu (tels que Spotify, Tencent, Apple Music, …).

    Tu peux retrouver Deezer dans plus de 180 pays et propose un catalogue de plus de 120 millions de titres, couvrant aussi bien les grands succès internationaux que des scènes locales souvent mieux représentées que chez certains concurrents.

    Deezer est essentiellement axé sur le streaming de musique même si des services complémentaires sont proposés comme des blind tests (où tes amis peuvent jouer via QR code), la recherche de concerts près de chez toi ou encore des podcasts.

    Le tarif appliqué par Deezer reste très compétitif :

    Type d’abonnementSpotifyDeezer
    Gratuit
    (avec pub)
    Individuel11,99 €/mois11,99 €/mois
    Étudiant6,99 €/mois5,99 €/mois
    Duo
    (2 comptes)
    16,99 €/mois15,99 €/mois
    Famille
    (jusqu’à 6 comptes)
    20,99 €/mois19,99 €/mois
    Sources : Spotify, Deezer

    Sur le plan technique, Deezer se distingue également par son offre HiFi, qui permet d’écouter de la musique en qualité sans perte (version FLAC ). Ce positionnement le rapproche d’acteurs comme Qobuz, souvent considéré comme une référence en matière de qualité sonore, tout en restant plus accessible en termes de prix et d’interface grand public.

    Enfin, Deezer se positionne comme étant pionnier dans l’évolution des modèles de rémunération des artistes. Elle a été l’une des premières à proposer le modèle que l’on nomme « user-centric » (centré sur l’utilisateur). Elle a continué sur sa lancée et elle a fait évoluer son approche vers un modèle « artist-centric » (centré sur les artistes), développé notamment en partenariat avec des ayants droit. Si tu souhaites plus d’infos sur les méthodes de rémunération, rends-toi après la conclusion de l’article.

    Les similitudes et différences

    Au rayon des similitudes, on retrouve ce que l’on attend d’une plateforme de streaming musical :

    • Répertoire de 100+ millions de morceaux musicaux.
    • Application pour ordinateur et mobile ainsi que disponibilité d’un lecteur web.
    • AppleCar et Android Auto disponibles.
    • Playlists disponibles (création ou découverte).
    • Enregistrement des morceaux, artistes, albums, … favoris.

    Je vais donc me focaliser sur ce qui fait la différence.

    Flow

    C’est l’une des forces évidentes de Deezer. Bien mieux que les découvertes/playlists sur Spotify.

    Le Flow de Deezer, c’est la fonctionnalité de lecture automatique qui propose un flux musical personnalisé en continu, basé sur tes goûts.

    En gros, c’est ta radio intelligente personnalisée. Chaque morceau est choisi en fonction de ton historique, ce que tu écoutes, ce que tu likes, tes playlists, …

    La logique du Flow

    Le Flow combine deux logiques :

    1. Algorithmique
      • Analyse de tes habitudes d’écoute
      • Recommandations similaires
    2. Éditoriale (spécificité à Deezer)
      • Sélection de titres pour éviter un flux trop répétitif ou « formaté »
      • Interventions humaines (curation)

    Tu peux alors lancer ton Flow, sur base de ton genre musical ou sur ton humeur et te voilà parti pour des heures d’écoute de goût et de qualité, sans même y penser.

    La volonté de changer les comportements

    Je l’ai déjà dit, Deezer souhaite appliquer une juste rémunération et développe déjà son propre modèle « artist-centric ».

    Mais ils font également d’autres choses qui prouvent qu’ils considèrent la musique comme un élément qui rassemble et qui devrait se partager.

    Les playlists Deezer envoyés à des amis ou la famille peuvent s’ouvrir dans plusieurs applications externes. Donc, tu peux envoyer ta playlist Deezer à ton frère / soeur / voisin / chien / … et celui/celle-ci peut l’ouvrir dans Spotify, Apple, …

    Deezer propose aussi la fonctionnalité Shaker. Toi et tes amis pouvez créer votre playlist ensemble pour les (futurs) moments que vous aller partager. C’est un genre de mix de vos goûts musicaux.

    Tu connais très certainement Shazam. Et bien Deezer l’a intégré dans son application. Tu peux lancer la reconnaissance et découvrir le morceau inconnue qui est en train de passer en quelques secondes…

    Bref, Deezer perçoit vraiment la musique comme un art social.

    Prix

    Un dernier point à souligner est que Deezer propose des tarifs parmi les moins chers du marché. Si tu prends l’abonnement annuel, l’écart se creuse davantage.

    L’alternative : Qobuz

    La seconde des alternatives à Spotify : j’ai nommé Qobuz.

    Qobuz, c’est une plateforme française de streaming musical fondée en 2007. L’entreprise offre du streaming musical en se concentrant sur la qualité audio haute résolution ainsi que la création (et croissance) d’une communauté orientée vers les amateurs de musique.

    Qobuz propose à la fois du streaming par abonnement et l’achat de musique en téléchargement, souvent en qualité supérieure au CD.

    La différence avec la majorité des autres plateformes, c’est que Qobuz ne propose pas d’offre gratuite financée par la publicité : son modèle repose uniquement sur les abonnements payants (qui sont un peu plus cher que les concurrents).

    Type d’abonnementSpotifyQobuz StudioQobuz Sublime
    Gratuit
    (avec pub)
    Étudiant6,99 €/mois5,99 €/mois
    Individuel11,99 €/mois14,99 €/mois~16,66 €/mois
    Duo
    (2 comptes)
    16,99 €/mois19,99 €/mois24,99 €/mois
    Famille
    (jusqu’à 6)
    20,99 €/mois 24,99 €/mois29,16 €/mois
    Source : Spotify, Qobuz

    Qobuz propose deux niveaux de souscription :

    • Studio → streaming Hi-Res (haute résolution)
    • Sublime → idem + réductions sur l’achat de musique

    La stratégie de Qobuz lui permet d’afficher un revenu moyen par utilisateur plus élevé et de reverser une part importante de ses revenus aux ayants droit (ce qui est montré dans le tableau ci-dessus).

    Tu peux également trouver tout un univers autour de la musique : articles, interviews, critiques d’albums et sélections musicales réalisées par des journalistes et spécialistes. L’objectif : proposer une expérience proche d’un magazine musical, en complément du streaming.

    Ce qui distingue Qobuz

    À l’instar de Deezer, on retrouve les bases d’une plateforme de ce milieu (le vaste répertoire, les appareils compatibles, l’intégration voiture, …).

    On retrouve donc un catalogue assez complet (similaire à la majorité des plateformes), les nouveautés s’y ajoutent vite, les outils numériques font le taf (excepté pour la voiture), …

    Bref, on reçoit ce qu’on attend d’une plateforme de streaming musical.

    Ce qui est plus intéressant c’est au niveau des différences.

    Qualité audio

    C’est l’un des facteurs de différenciation vis-à-vis de la concurrence : la qualité du son streamé.

    Tu auras accès à 3 niveaux différents :

    • Hi-Res Audio (qualité studio) : 24Bit / 192kHz
    • CD Audio (format FLAC sans compression) : 16Bit / 44,1kHz
    • Mp3 : 320Kbps

    Petit conseil : si tu es en WiFi, tu ne devras probablement pas faire attention au niveau de qualité choisi. Par contre, si t’es en 5G, choisis le MP3 car le data se consomme rapidement. Ce paramétrage peut se faire dans les réglages du profil.

    Musique et uniquement de la musique

    Qobuz ne propose que de la musique. Ils se focalisent uniquement sur l’art musical.

    C’est d’ailleurs pour ça qu’ils proposent des interviews, des récits digne d’un magazine, des news, …

    Si tu recherche des podcasts, des livres audio, … Il te faudra utiliser une autre application.

    D’ailleurs quelques références pour cela :

    Les intégrations

    Il faut reconnaître que Qobuz est un peu en retrait quant aux intégrations avec d’autres acteurs connus.

    La voiture par exemple. Alors, sois rassuré : Qobuz est compatible avec AppleCar et Android Auto. Tu retrouveras les options de base telles que la lecture de tes playlists, la recherche via la diction (Siri ou Google Assistant), la découverte d’artistes, les derniers morceaux joués, …

    Seulement, on sent que Qobuz doit encore faire quelques améliorations pour rattraper Spotify, notamment sur le plan des découvertes ou vis-à-vis de l’expérience utilisateur de l’app sur l’écran de la voiture.

    On peut également parler de l’intégration de Qobuz avec Sonos. Là aussi, sois rassuré : il y a moyen de s’en sortir facilement ! Si on utilise l’application Sonos, on peut y lier son compte Qobuz et donc lire ses playlists, faire des recherches d’artistes, d’albums, …

    Par contre, dans l’application Qobuz, impossible de lancer sa musique vers les enceintes Sonos (et qui utilisent le WiFi Sonos, pas le bluetooth ou AirPlay). Il faudra obligatoirement ouvrir ton app Sonos pour profiter de Qobuz. Si tu veux une liste complète des appareils permettant la lecture de musique directement depuis Qobuz (Qobuz Connect pour être exact), rends-toi sur leur site internet.

    On notera quand même la politque visée par Qobuz : intégration des grandes marque de HiFi. Si tu as une installation de qualité pour écouter ta musique, il est fort probable que Qobuz soit compatible avec.

    Conclusion

    L’idée première, quand j’ai cherché après une alternative, était pour moi la souveraineté mais également une répartition plus juste dans la chaîne de valeur.

    Pour la partie rémunération des artistes, Qobuz remporte clairement la palme. Ceci est possible parce que l’écoute est d’office payante avec un tarif supérieur aux autres plateformes.

    Bien qu’on ait de la musique avec une qualité sonore inégalée ainsi qu’un univers musical multi supports (musique, news, articles, …), Qobuz reste fort axé sur le classique, le jazz et le rock. Il s’agit donc plus d’un marché de niche que du mainstream. De plus, Qobuz fait face à un problème majeur pour moi (que Deeze comble excessivement bien) : la découverte musicale sur base de l’écoute / goûts de l’utilisateur.

    Personnellement, j’ai choisi Deezer pour plusieurs raisons.

    Premièrement, le fait qu’ils essayent de proposer un modèle de rémunération qui se distingue de la concurrence et qui va vers une une répartition plus équitable (et au plus leurs parts de marché augmentera, au plus les effets se feront ressentir).

    Deuxièmement, pour ce qu’ils appellent le Flow. Il s’agit d’une fonctionnalité qui va proposer à l’utilisateur des morceaux sur base des artistes qu’il préfère / écoute. Et j’ai ressenti cette fonctionnalité comme étant bien meilleure que Spotify. Et en plus, on a l’assurance que les musiques proposées ne sont pas créées par l’IA.

    Dernièrement, pour un goût esthétique. Je préfère l’ambiance, le style ainsi que la facilité d’utilisation de Deezer. Je peux comprendre que ce point est largement subjectif.

    Bref, le choix (moral) te revient.

    N’oublie pas qu’il y a toujours le site européen des alternatives pour avoir plus de choix : https://european-alternatives.eu/category/music-streaming-services

    Explication des modèles de rémunération

    Comme je l’écris dans cet article, si on se base uniquement sur le paiement moyen par stream pour expliquer la mauvaise rémunération des artistes, on loupe une grande partie de l’explication en question.

    Les plateformes de streaming musical utilisent différentes méthodes de rémunération.

    On en compte principalement 3 :

    1. le market-centric : modèle centré sur le marché.
    2. le user-centric : modèle centré sur l’utilisateur.
    3. le artist-centric : modèle hybride

    1• Market centric (centré sur le marché)

    Il s’agit du modèle le plus fréquemment rencontré, utilisé notamment par Spotify, Apple Music, Amazon Music ou encore YouTube Music.

    Ce modèle mutualise l’intégralité des revenus. Cela veut dire que l’ensemble des abonnements et des revenus publicitaires est agrégé dans un pot commun, dont une partie sera reversée aux ayants droit et ensuite la partie restante sera distribuée proportionnellement à la part de chaque artiste dans le total des écoutes sur la plateforme.

    La formule serait du type :

    remunerationartiste=(streamsartistestreamstotaux×revenustotaux)\text{remuneration}_{\text{artiste}} = ( \frac{\text{streams}_{\text{artiste}}}{\text{streams}_{\text{totaux}}} \times \text{revenus}_{\text{totaux}})

    En gros, la contribution d’un utilisateur individuel n’est pas fléchée vers les artistes qu’il écoute. Peu importe ce qu’il écoute (par exemple 100% artistes indépendants), un abonné contribue en réalité à rémunérer en grande partie les artistes les plus écoutés globalement, car ce sont eux qui dominent le volume total de streams.

    Ce mécanisme favorise les acteurs déjà dominants et accentue la concentration des revenus. Des analyses de MIDiA Research et de Digital Music News montrent que la majorité des revenus est captée par une fraction très réduite d’artistes (les fameux 1% d’artistes pour 90% de revenus), souvent les plus exposés dans les playlists éditoriales et algorithmiques.

    Ce modèle est appliqué (et défendu) par les grandes plateformes (coucou Spotify, Apple, Amazon, …) car elle est reconnue pour sa simplicité opérationnelle et sa capacité à gérer des volumes massifs de données. Par contre, il est critiqué pour son manque de lien entre usage individuel et rémunération réelle, ce qui crée une dissociation entre l’intention de l’utilisateur et l’allocation économique.

    2• User centric (centré sur l’utilisateur)

    On pourrait croire que vu le nom, ce modèle est le plus adapté. Il représente très certainement la meilleure méthode pour rémunérer l’artiste.

    Ce modèle individualise (contrairement au market centric qui mutualise) la répartition des revenus. Chaque abonnement est traité séparément : après déduction de la part de la plateforme, le montant restant est distribué uniquement entre les artistes effectivement écoutés par cet utilisateur, au prorata de son temps d’écoute.

    La formule donnerait quelque chose du genre (pour chaque u – utilisateur) :

    remunerationartiste=u=1N(streamstotal,ustreamsartiste,u×revenuu)\text{remuneration}_{\text{artiste}} = \sum_{u=1}^{N} \left( \frac{\text{streams}_{\text{total}, u}}{\text{streams}_{\text{artiste}, u}} \times \text{revenu}_u \right)

    Ce modèle est un peu plus juste puisqu’un utilisateur qui écoute trois artistes verra son abonnement réparti exclusivement entre ces trois artistes. On rétablit donc un lien direct entre le stream et la rémunération.

    Si le modèle semble plus juste, plusieurs limites ont été identifiées !

    D’une part, la mise en œuvre technique est plus complexe car elle nécessite un traitement individualisé de chaque compte.

    D’autre part, les études disponibles, notamment relayées par MIDiA Research, montrent que les artistes indépendants sont un peu mieux rémunérés mais ça reste peanuts à l’échelle globale.

    Enfin, ce modèle ne remet pas en cause la façon, majoritairement pilotée par les algorithmes, qu’ont les plateformes pour faire découvrir les artistes et qui continue d’influencer fortement les écoutes.

    3• Les modèles hybrides (ou « artist-centric », centré sur l’artiste)

    Face aux limites des deux approches précédentes, certaines plateformes ont introduit des modèles hybrides visant à corriger les effets les plus critiqués du market-centric sans basculer vers un user-centric pur.

    C’est le cas du système ACPS (Artist-Centric Payment System, système de paiement centré sur l’artiste) déployé par Deezer en partenariat avec la SACEM.

    Ce modèle conserve une base de mutualisation (comme le market-centric) mais introduit des pondérations.

    Certains streams peuvent être valorisés davantage que d’autres selon des critères précis :

    • engagement de l’utilisateur (écoutes actives, recherches),
    • statut de l’artiste (professionnel vs contenu fonctionnel),
    • ou encore exclusion de certains types de contenus considérés comme non musicaux.

    Dans certains cas, les écoutes peuvent être comptabilisées avec un coefficient multiplicateur (Deezer appelle ça un boost).

    L’objectif est double :

    1. réduire l’impact des contenus à faible valeur artistique (bruit, sons d’ambiance), et
    2. mieux rémunérer les artistes générant un engagement réel.

    Ce modèle introduit une dimension qualitative dans un système historiquement purement quantitatif.

    Même comme tout modèle, il y a toujours des contre-coups. Ici, ce sera la dépendance aux règles définies par la plateforme elle-même, ce qui pose la question de la transparence et du pouvoir de décision dans la chaîne de valeur.

    Deezer a rédigé une page qui explique en long et en large ce nouveau système (qu’il est le seul à proposer). Ils ont également rédigé un article de blog qui permet de faire une simulation afin de connaitre la répartition de ton abonnement envers les artistes que tu écoutes.

  • La souveraineté européenne dans notre vie de tous les jours ?

    La souveraineté européenne dans notre vie de tous les jours ?

    Si tu suis un minimum l’actualité, tu l’as facilement constaté : il y a quelques tensions dans le monde ! Et cela a permis de mettre en lumière les enjeux de la souveraineté européenne…

    Une des dernières joutes qui a mis le feu aux poudres : le Groenland, les USA et l’Europe.

    Petit apartheid

    Alors pour résumer (très) grossièrement la situation et les événements de manière chronologique :

    • Les USA veulent prendre possession du Groenland : de précieuses ressources naturelles et une position stratégique vis-à-vis des autres (comprends la Russie, la Chine et pourquoi pas l’Europe).
    • Le Danemark (et indirectement l’Europe) n’est pas d’accord. Au passage, le Groenland n’est pas d’accord non plus (rappelons que le Groenland est un territoire autonome du royaume du Danemark).
    • Les USA montrent les dents et proclament que la sécurité du Groenland repose déjà largement sur leur présence militaire.
    • Certains pays de l’Europe envoient des forces armées « dans le cadre d’exercices et d’opérations danoises ». Mais aussi, un peu / beaucoup, pour faire passer un message.
    • Les USA menacent d’appliquer (à nouveau) des tarifs douaniers exubérant aux pays européens qui enverraient des troupes (tu visualises la contradiction avec le point #3 ? ).
    • L’Europe évoque éventuellement une possible vente de ses parts dans la dette américaine (ce que les média ont appelé « l’arme nucléaire économique », excusez du peu ! ).
    • Les USA ne rigolent plus, perçoivent cette potentielle vente européenne comme un acte hostile majeur et parlent d’importantes représailles.

    Si tu souhaites un descriptif plus complet de l’escalade de Groenland, tu peux aller visiter Wikipédia : 🔗 La crise du Groenland

    Bref, ce résumé n’est pas là pour discuter des tensions USA / Europe suite aux événements du Groenland mais plutôt pour introduire ce qui suit : la souveraineté européenne.

    Culture de Comptoir - Carte de l'Europe

Crédits photo : Photo by Ryan: https://www.pexels.com/photo/map-with-purple-round-push-pins-8874803/

    C’est quoi la Souveraineté européenne ?

    Évidemment, je devrais d’abord définir ce qu’on entend par souveraineté européenne :

    La souveraineté européenne est la capacité pour l’Union Européenne de pouvoir décider et agir par elle-même, sans être totalement dépendante d’autres grandes puissances, que ce soit dans l’économie, l’industrie, l’énergie, la technologie ou la sécurité.

    En gros, cela permettrait à l’Europe de défendre ses propres intérêts, valeurs et besoins plutôt que subir les décisions ou les conditions imposées par d’autres acteurs mondiaux.

    L’idée n’est pas de s’isoler ou de devenir complètement autonome de tout, ce qui serait improbable voire impossible dans un monde globalisé.

    Au contraire, c’est plutôt être conscient des interdépendances : rester ouvert à la coopération mais avec des moyens et une capacité réelle de décider et agir par soi-même.

    Tu vois un peu plus où je veux en venir ? Non ? Lis la suite.

    Culture de comptoir - Personnage Oups

Credit photo : Photo by Pixabay: https://www.pexels.com/photo/woman-wearing-white-framed-sunglasses-photo-46244/

    Pourquoi maintenant ?

    L’Europe a toujours eu un lien privilégié avec les USA. Même dans l’opinion populaire, on se sent plus proche d’un Américain que d’un Chinois ou d’un Russe.

    L’Europe a toujours été plus encline à travailler avec l’ouest qu’avec l’est. Que ce soit au niveau politique, économique ou (surtout) technologique.

    Seulement, suite à l’envie des USA à vouloir décider de la pluie et du beau temps (cfr. les guerres, taxes douanières, conflit Groenland, …), on sent les tensions grandir entre l’Europe et les USA. Et nous, les Européens, commençons à ressentir un certain inconfort.

    Et cet inconfort est originellement provenu d’un milieu principalement : les services numériques américains.

    L’étendue des services digitaux américains

    Tous secteurs confondus, on s’est rendu compte de notre dépendance aux services digitaux issus des USA : le secteur visuel (Netflix, Amazon, Disney, …), le secteur audio (Spotify, Youtube, Apple), le secteur des paiements (VISA, MasterCard), le secteur informatique/cloud (Microsoft, Google, Apple, Amazon), le secteur des vacances (Booking, AirBnB), le secteur des réseaux sociaux et communication (Facebook, Instagram, WhatsApp, X, …), les secteur de l’IA (OpenAI, Anthropic, …) et bien d’autres encore.

    Bref, t’as compris le message, si les tensions venaient à être vraiment problématiques, les USA auraient un moyen de pression énorme en interdisant par exemple à toutes les entreprises américaines de fournir des services aux Européens.

    Tu te dis que ça n’arrivera pas ? Parles-en donc à 🔗 Nicolas Guillou

    Explication rapide sur le petit Nicolas :

    Nicolas Guillou, c’est un magistrat français à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Donc c’est pas n’importe qui non plus.

    En août 2025, l’administration américaine (enfin, surtout une personne en particulier) a décidé de sanctionner plusieurs responsables de la CPI parce que cette court avait émis des mandats d’arrêt internationaux entre autre contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

    Du coup, voilà notre Nicolas Guillou sanctionné. Traduction ? Il s’est vu interdire l’accès à des services fournis par des entreprises américaines (comme Google, Amazon, PayPal, Visa, Mastercard, etc.). Cela signifie qu’il ne peut plus être client ou utilisateur de ces services. De tous les services américains.

    Donc je récapitule avec des mots simples : un pays, les USA, a décidé de rendre illégal l’accès et la fourniture de produits / services américains à un magistrat d’une cour internationale parce que ce magistrat, agissant sur base de lois internationales, a contrarié les USA.

    Alors imagine si les USA décidaient que toute l’Europe ne pouvait plus utiliser les services américains sur base de fondements tout aussi discutables / farfelus ?

    Au fond, quel impact ?

    D’un point de vue privé, ça serait déjà bien embêtant. Mais on en parle d’un point de vue professionnel ? Par exemple, plus de :

    • Teams ou Zoom pour échanger / visio.
    • Notion, Slack, … ou autres outils de collaboration.
    • Cloud avec les serveurs Amazon ou Microsoft.
    • Paiements au travers de VISA ou MasterCard.
    • ChatGPT ou Claude pour s’aider avec l’IA.

    Bref, ça deviendrait vite la pagaille. Et c’est pourquoi, une réflexion ou une prise de conscience émerge: trouver des alternatives européennes. Et donc retrouver notre souveraineté.

    Quelles sont les alternatives ?

    C’est justement le but de cet article : vous faire découvrir les outils que l’on utilise tous les jours mais estampillés Made in EU.

    La proposition d’alternatives, ou le mouvement de prise de conscience, a pris d’ailleurs le nom de Anti-GAFAM.

    Késaco les GAFAM ?

    Originellement, le mot GAFAM reprenait les initiales de Google – Amazon – Facebook – Apple – Microsoft. Bref des géants technologiques américains dont l’influence sur l’univers numérique est incontestable (et qui rapportait gros en bourse).

    Il y a actuellement un mouvement qui prend de l’ampleur qui pourrait se nommer anti-GAFAM. L’idée derrière est de se détacher / distancier de ces acteurs et de ne plus en être (entièrement) dépendant.

    Le sens de ce mot anti-GAFAM s’est un peu élargi pour intégrer d’autres sociétés que celles citées ci-dessus. Ce terme vise toute entreprise qui est devenu une référence ou qui a la main mise sur un marché (par exemple : Spotify pour le milieu de l’audio) mais également toute entreprise qui, malgré ses promesses vertueuses, fonctionne selon une politique de gestion ou de rémunération injuste / discriminatoire ( à nouveau, par exemple : coucou Spotify).

    Et donc ces alternatives ?

    Chacune des alternatives sera le sujet d’un article afin d’expliquer la raison du boycott ainsi que la ou les alternatives en question.

    La liste est mise à jour après chaque publication d’une nouvelle alternative :

    [màj : mars 2026]

    Deezer & Qobuz à la place de Spotify