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  • Souveraineté #2 : Infomaniak (alternative à Outlook et Gmail)

    Souveraineté #2 : Infomaniak (alternative à Outlook et Gmail)

    Dans cet article, on parlera d’emails. Plus particulièrement : pourquoi Infomaniak est une superbe alternative à son adresse mail en @gmail, @hotmail ou encore @outlook (enfin un mail gratos d’une grande compagnie tech) !

    Cet article fait partie d’un regroupement : La souveraineté européenne dans notre vie de tous les jours ?

    Si tu souhaites passer les explications des raisons du boycott de Gmail, Hotmail/Outlook, tu peux te rendre directement à la section sur Infomaniak.

    Situation actuelle

    Si tu as lu le premier article de ce dossier Souveraineté européenne, tu auras compris que j’aime bien dressé le bilan d’aujourd’hui pour expliquer pourquoi ça craint et ensuite venir avec une (et non pas la) solution.

    L’étendue du réseau

    Aujourd’hui, les chiffres nous indiquent le contexte suivant :

    Ai-je besoin de (double) souligner qu’on a donc deux compagnies techs américaines qui servent de clients mail (logiciel / app de messagerie mail) à hauteur de 80% (Gmail pour ±30% ; Apple pour ±50%). Soyons fou : j’intègre une troisième compagnie, toujours américaine, puisque Outlook ajoute 5 à 10% à cette stat

    Il est également à noter que ce qui précède cible le grand public et non le milieu professionnel.

    Tu pourrais te demander comment se fait-il qu’il y ait une main mise aussi importante de la part de Google et Apple. L’explication est assez logique.

    Comportement par défaut

    La première partie pour expliquer l’étendue de cette domination est le comportement par défaut que les utilisateurs ont.

    Applications par defaut

    Tu vois que Google et Apple représentent ±80% des clients mail. Quand on parle de clients mail on vise les outils utilisés pour consulter/rédiger/gérer ses mails. Il s’agit donc des apps Gmail ou Apple Mail.

    Sur les mobiles, on retrouve principalement deux systèmes d’exploitation : Android et iOS. Si tu veux des stats : à eux deux, ils représentent 99% du marché. Avec Android quasi deux fois plus répandu que iOS.

    Et quand tu achètes un mobile, il vient avec des apps pré-installés par défaut que presque personne ne change. Et je te le donne dans le mille : Gmail et Apple Mail.

    Comme allégorie, on pourrait prendre la situation de monopole de Microsoft et de son navigateur web. Pour faire court : pendant des années, Microsoft a proposé uniquement son propre navigateur internet au démarrage d’un nouvel ordinateur : Internet Explorer. Et personne ne prenait la peine de le changer, ce qui fait qu’il était largement dominant, et pourtant il était loin d’être le meilleur. Maintenant, Microsoft doit proposer à l’utilisateur le choix du navigateur qu’il souhaite utiliser par défaut. Et ceci sous la légifération de la commission européenne.

    Comportement par defaut

    Google et Apple l’ont compris : celui qui contrôle le système d’exploitation contrôle les usages par défaut. Et ces usages par défaut ont été analysés en long et large :

    • les valeurs par défaut réduisent l’effort cognitif
      ↠ Faire travailler les méninges, c’est dangereux…
    • les utilisateurs ont tendance à les accepter car elles simplifient la décision
      ↠ Supra diximus

    Pour dire en de mots simples : les travaux en UX (expérience utilisateur = ce qui fait que tu trouveras une app facile à utiliser / intuitive) montrent que les paramètres par défaut jouent un rôle déterminant dans les usages numériques. En réduisant l’effort de décision, ils sont très souvent conservés par les utilisateurs, qui les perçoivent implicitement comme des choix recommandés.

    La solution réside dans la même optique que pour le navigateur web de Microsoft : une proposition de loi venant de l’Europe qui forcerait les acteurs a demandé à leurs utilisateurs/clients quel programme par défaut ils souhaitent utiliser.

    L’alliance forcée

    Là, où c’est encore plus mesquin, c’est quand on te force inconsciemment à posséder une adresse mail chez l’un des big boys (Google en l’occurrence ici).

    Android

    On a donc vu qu’Android représentait ± 70% des systèmes d’exploitations mobiles dans le monde.

    Et sur Android, on retrouve Gmail pré-installé (↠ comportement par défaut 🤫 ), et une liaison obligatoire à un compte Google.

    La mesquinerie se trouve dans la notion de compte Google. Pour le commun des mortels, avoir un compte Google, c’est avoir une adresse @gmail.com. Et Google joue bien sur cette fausse croyance.

    Or il est tout à fait possible d’avoir sa propre adresse mail (@monadresse.com ; @etik.com ; ou encore @hotmail.com) liée à un compte Google, et donc éviter une adresse gmail.

    Mais ça, Google évitera de mettre en avant cette méthode et proposera systématiquement la création et l’utilisation d’une adresse gmail pour ses produits.

    Le verrouillage

    Quand on créé une adresse mail, elle nous reste généralement assignée pour une très longue période de notre vie. Ce qui veut dire que ton adresse mail devient :

    • ton identifiant principal ;
    • lié à tous tes comptes de services (plateformes musiques / video, fournisseurs énergies, communications administratives…) ;
    • difficile à changer au fur et à mesure que le temps passe.

    Et c’est ce qu’on appelle le lock-in ou verrouillage utilisateur.

    Parce que oui, son adresse mail, généralement, on l’a depuis perpète. Et donc, on a un historique assez long qui est lié à tous ces services, e-commerces, administrations, …

    L’oeil de Moscou Google

    Il existe un dicton bien connu : « Quand c’est gratuit, il y a de grandes chances que le produit… ce soit toi ! ».

    Si ce dicton n’est pas spécifique à Google, on peut remercier Google de l’avoir popularisé.

    Le business de Google, c’est la récolte de données sur ses utilisateurs (au sens large : ses propriétés, ses habitudes, ses comportements, …). Et notamment au travers des emails.

    Scan des emails

    Jusqu’en 2017, Google scannait les emails afin de promouvoir des publicités personnalisées sur base de ce qu’il découvrait dans les emails.

    Maintenant, c’est fini. Ou pas.

    On a donc l’assurance que Google ne lit plus les emails pour la publicité mais il continue à les lire pour d’autres objectifs que la pub personnalisée.

    Alors, soyons précis : tous les services email analysent les messages. Cette analyse est indispensable pour assurer la sécurité (spam, phishing) et proposer des fonctionnalités avancées (tri automatique (promotions, social…), suggestions de réponses, …).

    La différence ne réside donc pas dans l’existence du scan, mais dans son usage.

    Et là, le problème subsiste, tu ne sais pas précisément :

    • quelles données sont extraites
    • combien de temps elles sont conservées
    • comment elles sont croisées

    De plus, même sans utiliser le contenu pour la pub, Google a accès aux métadonnées. Ce qui regroupe par exemple :

    • qui t’écrit
    • quand
    • à quelle fréquence
    • depuis quel appareil
    • avec quels services

    Et ça, ça permet de connaître déjà énormément de choses : activité professionnelle, cartographie sociale, habitudes de vie, …

    La cerise sur le gâteau, c’est l’interconnectivité. Google ne se limite pas à Gmail : Search ; YouTube ; Android ; Maps ; … les signaux globaux sont croisés même sans utiliser directement les emails pour la pub.

    Et je ne rentrerai même pas dans le débat du Cloud Act qui pourrait se résumer par : une entreprise américaine (comme Google, je précise au cas où 😏 ) peut être contrainte de fournir des données sur simple demande des autorités américaines même si elles sont stockées en dehors des États-Unis.

    Ksuite - Infomaniak

    L’alternative Infomaniak

    À ce stade, le problème n’est donc pas simplement que Gmail appartient à Google, ou Outlook à Microsoft. C’est la somme des éléments expliqués plus haut : une position dominante entretenue par les usages par défaut, une adresse qui nous enferme progressivement dans un écosystème, une quantité énorme de métadonnées associées à cette identité et, enfin, une dépendance envers une entreprise soumise au droit américain.

    Après avoir lu ce qui précède, tu as donc une vue plus précise pourquoi changer son adresse mail « générique » d’un géant américain peut être une bonne chose.

    On ne va pas se mentir, si tu veux :

    • Changer de moteur de recherche demain ? Easy !
    • Changer de navigateur ? Dix minutes, et c’est plié.
    • Changer Spotify ? Bon, on commence tout doucement à s’échauffer.
      As-tu vu mon article sur l’alternative à Spotify ?
    • Changer une adresse mail vieille de 20 ans et liée à 250 comptes ? Ouais, là c’est plus tordu, hein ?.

    Alors oui, changer son adresse mail, c’est du taf. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il peut se faire en douceur et que des outils sont là pour faciliter la tâche.

    L’alternative que je te propose s’appelle Infomaniak.

    Bref récap

    Fondée en 1994 en Suisse, l’entreprise est un acteur historique de l’infrastructure internet, qui a construit progressivement son propre écosystème : hébergement, cloud, outils collaboratifs… et pour le coup, ce qui nous intéresse : une solution email complète.

    Contrairement à des acteurs de la big tech (comme Gmail, à nouveau, je précise juste au cas où 😏 ), Infomaniak repose sur un modèle économique simple : ses services sont financés par ses clients, grâce à leurs produits payants, et non par l’exploitation de leurs données.

    L’entreprise met en avant une politique qui ne laisse pas de place aux questions en matière de respect de la vie privée. Elle peut affirmer par exemple qu’elle n’analyse pas le contenu des emails à des fins commerciales et qu’elle ne revend pas de données personnelles.

    Autre différence majeure : l’infrastructure. Infomaniak conçoit et exploite ses propres centres de données, principalement en Suisse (bon, on peut toujours discuter que c’est hors UE), sinon dans l’UE. Ça lui permet de garder le contrôle sur la localisation et la gestion des données.

    Enfin, l’entreprise revendique un positionnement fort sur les enjeux environnementaux ! Comme elle développe ses propres data centers optimisés, cela lui permet d’avoir les mains libres pour réduire son empreinte énergétique et de s’engager dans une politique de compensation carbone (remplacer des composants plutôt que d’acheter du neuf, maîtriser sa consommation d’énergie, …).

    Infomaniak est gérée via une gouvernance indépendante, sans investisseurs externes, ce qui lui permet de privilégier des choix de long terme plutôt que des logiques de croissance rapide. D’ailleurs, milieu de l’année 2026, la compagnie a communiqué que maintenant la majorité des droits de vote, à 65%, était détenue par la Fondation Infomaniak, une fondation suisse reconnue d’utilité publique, avec une mission d’intérêt général inscrite dans ses statuts.

    Infomaniak - droits de vote

    L’adresse mail

    Donc, la solution qui nous intéresse : l’adresse mail.

    Infomaniak propose deux options :

    • soit on s’oriente vers une adresse mail générique gratuite (l’équivalent à @gmail, @outlook, @hotmail…) dont les extensions possible sont :
      • @etik.com ;
      • @ik.me ;
      • @ikmail.com.
    • soit on choisit sa propre adresse, ce qui implique d’avoir son propre nom de domaine. Ceci ne sera pas expliqué dans cet article (peut-être dans un futur, si on me le demande 😄).

    Dans mon cas, j’ai choisi l’adresse @etik.com. Alors, ça peut sembler présomptueux, mais généralement si ça dérange, c’est qu’il y a au moins une prise de conscience… Et puis, comme dirait notre Kévin national : « Je m’en bats les c*** « .

    Caractéristiques de l’adresse mail Infomaniak

    Gratuité

    L’adresse mail d’Infomaniak est gratuite. À vie. C’est l’une de leur promesse écrite noir sur blanc. Fun fact : essayer de trouver la mention qu’une adresse gmail est gratuite. Personnellement, à part sur leur page de tarification, où le label Sans frais (ce qui est différent de gratuit) est mentionné, je ne trouve aucune autre mention similaire dans le descriptif…

    Et pour ceux/celles qui ont suivi, mais si c’est gratuit, c’est nous le produit. C’est vrai, mais c’est faux ! Infomaniak promet également que leurs produits gratuits sont réellement gratuits et n’interviennent d’aucune manière dans leur rémunération.

    Infomaniak - email gratuit

    Pléthore d’emails

    Un autre avantage est la quantité d’emails que tu peux conserver : 20Go. Et cette limite concerne uniquement les emails.

    Si tu souhaites également conserver des documents et des images, solution appelée kDrive, tu peux ajouter 15Go aux 20Go. Cela te fera un espace de 35Go combinés.

    À titre de comparaison :

    • avec Google (gmail), tu auras droit à 15Go. Pour le tout : tes mails, documents, photos… ce qu’ils appellent leur WorkSpace.
    • avec Microsoft (outlook), tu auras droit à 15Go pour tes emails, et 5Go pour tes documents (grâce à OneDrive).

    Bref, on a une différence entre 15Go de 20Go, ce qui n’est pas négligeable.

    Transfert de documents

    Infomaniak propose également, et toujours gratuitement, de transférer des fichiers volumineux : cela s’appelle Infomaniak SwissTransfer.

    Tu seras capable de transférer jusqu’à 50Go de fichiers.

    Adieu donc les WeTransfer, Smash, TransferNew, etc.

    Calendrier partagé

    Étant marié, un des outils dont j’ai absolument besoin, c’est le calendrier partagé.

    Infomaniak le propose gratuitement, encore une fois. Il se synchronize sans problème avec l’app Calendrier de ton smartphone Android ou de ton iPhone.

    Migrer vers Infomaniak

    Comme je le disais en début d’article, une adresse mail, ça nous suit depuis (très) longtemps et est reliée à pas mal de plateformes/services que l’on utilise (plus ou moins) régulièrement.

    Il y a donc deux parties à un changement d’adresse mail :

    • migrer le contenu d’une adresse mail vers la nouvelle ;
    • adapter l’adresse mail sur les différentes plateformes et nombreux services auxquels on souscrit.

    Première phase

    Dans un premier temps, et après avoir créé ton adresse mail Infomaniak, mon conseil est de garder les deux adresses mails actives simultanément pendant quelque semaines.

    Cela permettra d’être certain que toute la migration a bien été réalisée.

    Donc pour créer ton adresse mail Infomaniak, rien de plus facile, il suffit de se rendre sur la page d’inscription : https://www.infomaniak.com/fr/email-gratuit

    Deuxième phase

    La migration du contenu de l’ancienne adresse mail vers la nouvelle.

    Et là, Infomaniak t’aidera vraiment car ils ont un outil : https://import-email.infomaniak.com/

    Il suffira de

    • cliquer sur le bouton de droite Importer une ou des adresses mails (en IMAP) ;
    • choisir Une adresse mail en transmettant l’utilisateur (email) et mot de passe.

    C’est relativement efficace, et rapide.

    Troisième phase

    On ne va pas se mentir, c’est probablement l’étape qui demandera le plus de temps et d’énergie : changer son adresse mail sur toutes les plateformes et à tous les services que tu utilises.

    Et la liste peut être longue :

    • Services multimédia : Auvio, Deezer, …
    • Fournisseurs : électricité, eau, internet, mobiles…
    • Administration : MyMinFin, itsme…
    • eCommerce : Loom, Autry, Reborn, Brico… (bon ok : Amazon, Coolblue…)
    • App : il suffit de regarder son mobile

    Bref, le plus simple c’est de partir de son ancienne adresse et de faire quelques sites par jour ou par semaine. Ca permet également de faire un tri, et de pourquoi pas supprimer ou se désabonner à des comptes que tu n’utilises ou ne lis plus.

    Utilisation de WorkSpace ou Microsoft 365

    Si tu utilises Google Workspace ou Microsoft 365, tu peux tout à fait continuer à l’utiliser avec ta nouvelle adresse mail.

    C’est justement un des points que j’expliquais ci-dessus : tu ne dois pas obligatoire souscrire à une adresse mail de la compagnie pour utiliser leurs autres services.

    Et plutôt que de faire l’apologie de ces autres services, je te conseillerais plutôt de regarder du côté de my Ksuite. Il existe une version gratuite qui offre déjà pas mal de possibilités ainsi qu’une version payante (<2€ / mois) avec des possibilités étendues.

    Ceci dit, il est toujours possible d’intégrer les documents d’Office (Word, Excel, …) et de les éditer en ligne. Cependant, cela requiert un abonnement plus onéreux.

    Conclusion

    En choisissant une solution comme Infomaniak, tu :

    1. Réduis ta dépendance à un acteur (américain) dominant ;
    2. Échappes à l’emprisonnement que peut provoquer une adresse utilisée partout pendant vingt ans ;
    3. Limites la centralisation des informations et métadonnées dans un même giron / écosystème ;
    4. Choisis une juridiction et une gouvernance différentes avec l’Europe et une société d’utilité publique et non plus les USA avec une société capitalistique ;
    5. Finances un modèle économique davantage aligné avec tes valeurs : vie privée, indépendance, environnement.

    Tu l’auras compris, comme à chaque fois, changer ses habitudes demande un peu de motivation, de bonne volonté et de patience. Mais je crois fondamentalement que c’est pour un mieux (plus plus).

    Infomaniak a cette promesse de produits gratuits et respectueuses de notre vie privée, et cette image de société qui tient ses promesses. Elle se base sur des valeurs qui devraient toujours constituer la base d’offre d’un produit. Et que les grandes compagnies tech oublient de plus en plus.

    Il existe également une autre solution qui s’oriente sur le même créneau du respect de la vie privée : Proton Mail. Cependant, ils sont moins portés sur le côté éthique/durabilité qu’Infomaniak 😉

  • La souveraineté européenne dans notre vie de tous les jours ?

    La souveraineté européenne dans notre vie de tous les jours ?

    Si tu suis un minimum l’actualité, tu l’as facilement constaté : il y a quelques tensions dans le monde ! Et cela a permis de mettre en lumière les enjeux de la souveraineté européenne…

    Une des dernières joutes qui a mis le feu aux poudres : le Groenland, les USA et l’Europe.

    Petit apartheid

    Alors pour résumer (très) grossièrement la situation et les événements de manière chronologique :

    • Les USA veulent prendre possession du Groenland : de précieuses ressources naturelles et une position stratégique vis-à-vis des autres (comprends la Russie, la Chine et pourquoi pas l’Europe).
    • Le Danemark (et indirectement l’Europe) n’est pas d’accord. Au passage, le Groenland n’est pas d’accord non plus (rappelons que le Groenland est un territoire autonome du royaume du Danemark).
    • Les USA montrent les dents et proclament que la sécurité du Groenland repose déjà largement sur leur présence militaire.
    • Certains pays de l’Europe envoient des forces armées « dans le cadre d’exercices et d’opérations danoises ». Mais aussi, un peu / beaucoup, pour faire passer un message.
    • Les USA menacent d’appliquer (à nouveau) des tarifs douaniers exubérant aux pays européens qui enverraient des troupes (tu visualises la contradiction avec le point #3 ? ).
    • L’Europe évoque éventuellement une possible vente de ses parts dans la dette américaine (ce que les média ont appelé « l’arme nucléaire économique », excusez du peu ! ).
    • Les USA ne rigolent plus, perçoivent cette potentielle vente européenne comme un acte hostile majeur et parlent d’importantes représailles.

    Si tu souhaites un descriptif plus complet de l’escalade de Groenland, tu peux aller visiter Wikipédia : 🔗 La crise du Groenland

    Bref, ce résumé n’est pas là pour discuter des tensions USA / Europe suite aux événements du Groenland mais plutôt pour introduire ce qui suit : la souveraineté européenne.

    Culture de Comptoir - Carte de l'Europe

Crédits photo : Photo by Ryan: https://www.pexels.com/photo/map-with-purple-round-push-pins-8874803/

    C’est quoi la Souveraineté européenne ?

    Évidemment, je devrais d’abord définir ce qu’on entend par souveraineté européenne :

    La souveraineté européenne est la capacité pour l’Union Européenne de pouvoir décider et agir par elle-même, sans être totalement dépendante d’autres grandes puissances, que ce soit dans l’économie, l’industrie, l’énergie, la technologie ou la sécurité.

    En gros, cela permettrait à l’Europe de défendre ses propres intérêts, valeurs et besoins plutôt que subir les décisions ou les conditions imposées par d’autres acteurs mondiaux.

    L’idée n’est pas de s’isoler ou de devenir complètement autonome de tout, ce qui serait improbable voire impossible dans un monde globalisé.

    Au contraire, c’est plutôt être conscient des interdépendances : rester ouvert à la coopération mais avec des moyens et une capacité réelle de décider et agir par soi-même.

    Tu vois un peu plus où je veux en venir ? Non ? Lis la suite.

    Culture de comptoir - Personnage Oups

Credit photo : Photo by Pixabay: https://www.pexels.com/photo/woman-wearing-white-framed-sunglasses-photo-46244/

    Pourquoi maintenant ?

    L’Europe a toujours eu un lien privilégié avec les USA. Même dans l’opinion populaire, on se sent plus proche d’un Américain que d’un Chinois ou d’un Russe.

    L’Europe a toujours été plus encline à travailler avec l’ouest qu’avec l’est. Que ce soit au niveau politique, économique ou (surtout) technologique.

    Seulement, suite à l’envie des USA à vouloir décider de la pluie et du beau temps (cfr. les guerres, taxes douanières, conflit Groenland, …), on sent les tensions grandir entre l’Europe et les USA. Et nous, les Européens, commençons à ressentir un certain inconfort.

    Et cet inconfort est originellement provenu d’un milieu principalement : les services numériques américains.

    L’étendue des services digitaux américains

    Tous secteurs confondus, on s’est rendu compte de notre dépendance aux services digitaux issus des USA : le secteur visuel (Netflix, Amazon, Disney, …), le secteur audio (Spotify, Youtube, Apple), le secteur des paiements (VISA, MasterCard), le secteur informatique/cloud (Microsoft, Google, Apple, Amazon), le secteur des vacances (Booking, AirBnB), le secteur des réseaux sociaux et communication (Facebook, Instagram, WhatsApp, X, …), les secteur de l’IA (OpenAI, Anthropic, …) et bien d’autres encore.

    Bref, t’as compris le message, si les tensions venaient à être vraiment problématiques, les USA auraient un moyen de pression énorme en interdisant par exemple à toutes les entreprises américaines de fournir des services aux Européens.

    Tu te dis que ça n’arrivera pas ? Parles-en donc à 🔗 Nicolas Guillou

    Explication rapide sur le petit Nicolas :

    Nicolas Guillou, c’est un magistrat français à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Donc c’est pas n’importe qui non plus.

    En août 2025, l’administration américaine (enfin, surtout une personne en particulier) a décidé de sanctionner plusieurs responsables de la CPI parce que cette court avait émis des mandats d’arrêt internationaux entre autre contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

    Du coup, voilà notre Nicolas Guillou sanctionné. Traduction ? Il s’est vu interdire l’accès à des services fournis par des entreprises américaines (comme Google, Amazon, PayPal, Visa, Mastercard, etc.). Cela signifie qu’il ne peut plus être client ou utilisateur de ces services. De tous les services américains.

    Donc je récapitule avec des mots simples : un pays, les USA, a décidé de rendre illégal l’accès et la fourniture de produits / services américains à un magistrat d’une cour internationale parce que ce magistrat, agissant sur base de lois internationales, a contrarié les USA.

    Alors imagine si les USA décidaient que toute l’Europe ne pouvait plus utiliser les services américains sur base de fondements tout aussi discutables / farfelus ?

    Au fond, quel impact ?

    D’un point de vue privé, ça serait déjà bien embêtant. Mais on en parle d’un point de vue professionnel ? Par exemple, plus de :

    • Teams ou Zoom pour échanger / visio.
    • Notion, Slack, … ou autres outils de collaboration.
    • Cloud avec les serveurs Amazon ou Microsoft.
    • Paiements au travers de VISA ou MasterCard.
    • ChatGPT ou Claude pour s’aider avec l’IA.

    Bref, ça deviendrait vite la pagaille. Et c’est pourquoi, une réflexion ou une prise de conscience émerge: trouver des alternatives européennes. Et donc retrouver notre souveraineté.

    Quelles sont les alternatives ?

    C’est justement le but de cet article : vous faire découvrir les outils que l’on utilise tous les jours mais estampillés Made in EU.

    La proposition d’alternatives, ou le mouvement de prise de conscience, a pris d’ailleurs le nom de Anti-GAFAM.

    Késaco les GAFAM ?

    Originellement, le mot GAFAM reprenait les initiales de Google – Amazon – Facebook – Apple – Microsoft. Bref des géants technologiques américains dont l’influence sur l’univers numérique est incontestable (et qui rapportait gros en bourse).

    Il y a actuellement un mouvement qui prend de l’ampleur qui pourrait se nommer anti-GAFAM. L’idée derrière est de se détacher / distancier de ces acteurs et de ne plus en être (entièrement) dépendant.

    Le sens de ce mot anti-GAFAM s’est un peu élargi pour intégrer d’autres sociétés que celles citées ci-dessus. Ce terme vise toute entreprise qui est devenu une référence ou qui a la main mise sur un marché (par exemple : Spotify pour le milieu de l’audio) mais également toute entreprise qui, malgré ses promesses vertueuses, fonctionne selon une politique de gestion ou de rémunération injuste / discriminatoire ( à nouveau, par exemple : coucou Spotify).

    Et donc ces alternatives ?

    Chacune des alternatives sera le sujet d’un article afin d’expliquer la raison du boycott ainsi que la ou les alternatives en question.

    La liste est mise à jour après chaque publication d’une nouvelle alternative :

    [màj : mars 2026]

    Deezer & Qobuz à la place de Spotify